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octobre 2007

La faim, la bagnole, le blé et nous

Biocarburant"Une dénonciation des biocarburants", tel est le sous-titre du nouveau livre de Fabrice Nicolino annonce clairement le contenu du livre.

Les biocarburants sont une formidable trouvaille... mais pour qui ?

Dans le monde entier, usines et raffineries poussent comme des champignons après la pluie. Le blé, le colza, le tournesol chez nous, le palmier à huile, la canne à sucre, le soja ou le maïs dans les pays du Sud servent désormais à remplacer le pétrole. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment, montre l'auteur. De l'Indonésie au Brésil en passant par le Cameroun, les forêts sont dévastées pour laisser place à ces nouvelles cultures. La demande indécente du Nord qui veut continuer à rouler quoi qu'il en coûte fait exploser les prix de certains produits agricoles de base... dans un monde qui compte un milliard d'affamés.

Et le comble, c'est que les biocarburants aggravent la crise climatique au lieu de la résoudre... Une enquête passionnante ! Par l'auteur avec François Veillerette de l'excellent livre Pesticides.

Fabrice Nicolino a écrit le livre de référence sur les "biocarburants". Parfois avec la verve du pamphlétaire, mais toujours très argumenté. Un livre aux antipodes du discours officiel sur les vertus écologiques de ces nouveaux carburants.

En France, le lobby de l'agriculture industrielle, activement soutenu par l'Etat, cherche depuis la réforme de la politique agricole commune européenne en 1992 de nouveaux débouchés pour ses productions de masse. Le boom des biocarburants relance aussi la machine à engrais et à pesticides.

Ailleurs dans le monde, c'est bien pire. De l'Indonésie au Brésil en passant par le Cameroun, les rares forêts tropicales intactes sont dévastées pour laisser place à ces nouvelles cultures. La demande indécente du Nord, qui veut continuer à rouler quoi qu'il en coûte, fait exploser le prix de certains produits de base : dans un monde qui compte près d'un milliard d'affamés permanents, le système industriel préfère donc l'automobile au droit pourtant imprescriptible de manger à sa faim.

Et le comble, c'est que les biocarburants ne sont nullement écologiques. Ils contribuent au dérèglement climatique comme le montre de très nombreuses études. Ce livre dévoile une mystification complète. Et il dénonce ses profiteurs, plus nombreux qu'on ne le croit. Car derrière l'automobile individuelle, il y a nous.

Un livre essentiel pour que cette catastrophe annoncée et déjà commencée n'ait pas lieu..."

- La faim, la bagnole, le blé et nous : une dénonciation des biocarburants par Farbrie Nicolino (librairie Amazon)

Alerte à Babylone

- Extrait de présentation du documentaire (Sciences et citoyen)

Le développement de la société "techno-marchande" ne se fait pas sans que chaque jour de nouveaux dangers soient identifiés qui menacent les êtres vivants.
Et, s’il est devenu courant d’admettre que la prolifération des dispositifs technologiques ne va pas sans risques, il est en revanche toujours difficile de savoir comment prévenir ces risques.

Une des plus importantes difficultés réside sans doute dans le fait que ces dispositifs supportent généralement la croissance économique, fondement du fonctionnement des sociétés occidentales. Ainsi toute alerte qui vise à prévenir un risque sanitaire ou écologique engendre simultanément le risque de freiner l’essor de produits qui soutiennent des marchés desquels dépend la vitalité d’institutions économiques dont nombreux sont ceux qui veulent croire qu’elles sont, à travers le travail qu’elles offrent, le garant de notre prospérité et de notre bien-être.

"Alerte à Babylone", en examinant une série de problématiques actuelles, entend moins recenser les grands dangers qui nous assaillent que d’actualiser le constat depuis longtemps entrevu de l’artificialisation de la vie ; ce processus ne pouvant que s’accompagner du contrôle toujours plus poussé des organismes vivants et de leur enfermement social.

Avec les interventions (dans le film) de :
Susan et Arpad Pusztaï, toxicologues congédiés du Rowett Institute (Ecosse),
Vassili Nesterenko, Directeur du laboratoire indépendant Belrad, oeuvrant aux soins auprès des populations contaminées par les nouvelles conditions de vie autour de Tchernobyl,
Martin Hirsch, Directeur Général de l¹Agence Française de Sécurité Sanitaire et Alimentaire (AFSSA),
Gilles-Eric Séralini, membre de la Commission du Génie Biomoléculaire et Directeur scientifique du Comité de Recherche et d¹Information Indépendantes sur le génie génétique (CRII-GEN),
Gilles Heriard-Dubreuil, Président de Mutadis, entreprise privée de gestion sociale du risque,
Jean-Michel Truong, romancier, entrepreneur,
Charles Pilet, ancien Président de l’Académie de Médecine
Claude Bourguignon, agronome indépendant,
André Cicolella, Président de la Fondation Sciences Citoyennes,
Jacques Philipponneau, Editions de l¹Encyclopédie des Nuisances,
Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherche placardisé à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA),
Eric Alt, magistrat, membre du Syndicat de la Magistrature,
Pierre Boussange, Maria, Alain et Denis, activistes écologiques et anarchistes,
Claude Birraux, Vice-Président de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques,
Frédérick Lemarchand, Socio-anthropologue du risque, Université de Caen,
PMO (Pièces et Main d’Oeuvre), groupe de citoyens en lutte contre le diktat du technopôle grenoblois.

> Présentation Wikipedia

> En lien : L'ile aux fleurs réalisé par Jorge Furtado.

Bruno, bio résistant

AgribioUn reportage d’Antoine Chao via la-bas.org.
Portrait de Bruno, paysan maraîcher bio installé depuis deux ans à Noaillan en Gironde.
Retour à la terre d’un travailleur social.
Ecouter l'émission (France Internet, le 15/10/2007) :


- Sur Internet : Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

> Livres en liens :

- La forteresse agricole de Gilles Luneau : Pour la première fois, une investigation journalistique radiographie ce que d'aucuns surnomment, sans doute par analogie avec la forteresse ouvrière, surnom donné jadis par Jacques Frémontier à la régie Renault, la Forteresse agricole : la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), le plus puissant syndicat paysan de ce pays. A travers son histoire ancienne, récente et actuelle, c'est plus d'un demi-siècle de politique agricole qui se trouve évoqué. Un livre exhaustif et parfois explosif, pour l'inauguration du Salon de l'Agriculture 2003.

- Qu’est-ce que la confédération paysanne ? par le Collectif Archipel :
Aujourd'hui comme hier, l'agriculture est la première activité humaine dans le monde. Au cœur des usages industriels et productivistes imposés par les multinationales, la Confédération paysanne entend promouvoir des pratiques paysannes respectueuses des hommes et de leur environnement. Loin d'une cogestion trompeuse, elle lutte pour sortir la profession agricole d'un corporatisme étroit et redonner aux travailleurs de la terre, par une solidarité retrouvée, la dignité de leur métier. Être auprès des paysans dans leurs difficultés quotidiennes et infléchir un ordre social mondialisé injuste envers les plus démunis : tel est le sens fondamental de son action, tant locale que globale. Parce qu'un autre monde est encore possible.

- Les paysans sont de retour de Silvia Pérez-Vitoria :
On a parlé de la "fin des paysans" mais ils sont toujours là et, aujourd'hui encore, ils représentent la moitié de l'humanité. Les paysans sont de retour revisite l'histoire de la paysannerie, et montre comment elle a su préserver, partout dans le monde, des valeurs de solidarité et d'équilibre écologique, malgré les ravages sociaux et environnementaux provoqués par l'industrialisation de l'agriculture. Situés aux avant-postes des grands problèmes que traverse la planète : chômage, environnement, santé, les paysans font des propositions et mettent en place des alternatives. C'est à eux que Silvia Pérez-Vitoria dédie sa passionnante étude démontrant que le retour des paysans constitue une véritable chance pour nos sociétés.

Le village qui a gagné le pari du bio

"A Correns (Var), «premier village bio de France», les agriculteurs, les élus, la cantine scolaire... ont réussi leur mutation vers le tout-naturel. Un choix économique raisonné..."
> Le village qui a gagné le pari du bio, Le Fgaro, 13/10/2007
- Page de présentation du village bio de Correns

Changer le monde ?

« Une croissance indéfinie est impossible, nous n'avons qu'une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l'opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs des pouvoirs économique et politique s'y opposent. »

Près de 40 ans après René Dumont et le Club de Rome, l'écologie semble à la mode comme jamais, sans pour autant que tout un chacun, du citoyen aux entreprises en passant par les politiques, ne sache comment s'y prendre pour résoudre l'équation pour l'instant impossible du respect de l'environnement et de la croissance mondiale...

Alex Steff s'est donc saisi de la question pour en faire un livre au titre ronflant avec l'estampille "préface d'Al Gore", source de retombée médiatique garantie... mais au fait, l'avez-vous lu ?

Présentation de l'éditeur :
Ce livre propose au lecteur de participer à la construction d'un avenir plus engagé, d'un lendemain porteur d'espoir pour la terre. Le moment est venu de nouer un lien nouveau avec la nature.
Face aux menaces qui pèsent sur la planète, Changer le monde appelle à une transformation radicale des comportements.
Véritable outil de réflexion, cet ouvrage offre un large panorama d'informations, de l'habitat écologique à l'économie solidaire, pour que chacun puisse jouer un rôle, aussi bien à l'échelle individuelle qu'à l'échelle planétaire. Changer le monde est une mine d'informations, de réflexions et d'analyses qui permettent de se faire une idée claire et personnelle sur les grands sujets écologiques d'actualité.
Préfacé par Al Gore, la force documentaire de ce livre contribue à l'avènement d'un nouvel état de la conscience citoyenne...

Changerlemonde
- Changer le monde : Un guide pour le citoyen du XXIe siècle, de Alex Steffen - Le site Internet du livre

Sur le même sujet mais plus marqué dans l'engagement politique, vous pouvez également consulter l'institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable ou le site de la libération de la décroissance française... humour, mauvaise foi, extrémisme ou lucidité, cela ne pourra vous laisser indifférent.

Légumes et fruits : trop chers ou trop fades ?

Si les consommateurs n'achètent pas ou peu de légumes ou de fruits, ce serait parcequ'ils ne sont pas considérés comme une source de "plaisir"

et si le prix n'était qu'un alibi ? En pleine polémique sur la cherté des fruits et des légumes, un chiffre s'est imposé, mardi 25 septembre, auprès des professionnels réunis à Rungis : seulement 3,5 % des Français qui achètent des fruits frais le font parce que ces aliments leur paraissent "appétissants", a révélé l'enquête nationale réalisée en juin par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc). "Pour les légumes, c'est pire encore", confie Pascale Hebel, la directrice du département consommation du Credoc. Si nous les achetons quand même -c'est parce que "c'est bon pour la santé" -, nous ne sommes qu'un sur trois à les "aimer" même une fois cuisinés, dit le centre.

En résumé, si nous achetons peu de fruits et de légumes frais, c'est parce que ces aliments sont tout sauf une source de "plaisir". Du coup, leur prix affiché semblera toujours trop élevé, à notre goût, pour des pommes qui ont passé trois mois au réfrigérateur, des fraises dures comme de la pierre et des melons chargés d'eau.

Florence Amalou, le Monde daté du 28.09.2007

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